lundi 25 novembre 2013

Les Poètes I


A voir passer le ciel plus bleu qu'il ne se montre
Et à considérer les foyers de la nuit
Oisifs à chaque instant sur les bancs de l'ennui
Ils font en lumière les plus belles rencontres

Perdus dans les nuées ne cherchant pas de carte
Ils sont ces endormis qui regardent les toits
Aperçoivent l'envol des nuages pantois
Et verraient dans leur pluie le crachat des jubartes

Ils rêvent à en vivre au dos des acrostiches
A grimper les sommets des rimes embrassées
Ils y voient les baisers des cœurs qu'ils ont froissés
Et meurent de souffrir de celle qui s'entiche

Ecoute la complainte entière de sanglots
L'éclat de leur sourire est bruyant sur la ville
A leur joie terne et hâve ils y seraient serviles
S'ils ne voyaient au ciel mille chœurs d'angelots

Leur chantant dans un cri que le ciel est à eux
Ils dispersent Michel et tous les séraphins
Disant les poètes sont de Dieu affins
Regardant Gabriel de leurs plumes en feu

Caracolent aux cieux les nouvelles raisons
Dans le soupçon de beau qu'ils gardent en rêvant
Les poètes montent dans la forêt des vents
Pour rapporter au Haut les éclats des saisons

Ils peignaient l'Empyrée de couleurs et d'azur
Sur un échafaudage en mots aux coloris
Nombreux ainsi qu'on voit l'infini des scories
Je vis là un poète écrire sa lasure

Ami ne reste pas sous le dôme aux apprêts
Les poètes œuvrent à sa coupole éteinte
En y peignant en vers le calme des étreintes
Restent perchés aux cieux afin d'en être emprès

Le poète est comme le chuchote l'éther
Jeté dans l'ouragan ainsi qu'un bateau ivre
Sans bouée ni roulis aucune vague à suivre
Il passe sans ciller l'âme satellitaire

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